La psychose du coronavirus : Comprendre ce qui se passe dans notre tête

La psychose du coronavirus : Comprendre ce qui se passe dans notre tête


La peur est une réaction saine et normale.



Une menace est présente, et c’est parce qu’on peut ressentir de la peur, du danger, que l’on
va s’y intéresser sérieusement, et tenter de la contrôler, voire l’annihiler.


La peur entraîne un processus de défense, une tentative de maîtrise de la menace.


Une menace entraîne une peur, qui elle-même active l’élaboration de stratégies défensives,
comme « la prudence et les mesures préventives ».


En pratique, « J’ai peur du coronavirus », entraîne :



  • je limite les contacts physiques inutiles

  • je respecte les règles d’hygiène

  • je respecte les recommandations des médecins…



Malheureusement, il arrive que la peur soit trop intense :



  • Soit parce que le danger n’est pas encore compréhensible, donc tout peut-être imaginé,
    même les pires scénario.

  • Soit parce que l’exposition au danger n’est pas contrôlable (je me trouve face à un
    lion sans possibilité de fuir…)

  • Soit parce que l’environnement augmente mon stress, en paniquant, en en parlant
    tout le temps…l’angoisse est contagieuse, elle se transmet…



Que se passe-t-il lorsque la peur est trop intense ?



  • Le psychisme se sidère, et n’arrive pas à élaborer des stratégies de défenses
    rassurantes.

  • Le sujet est paralysé par l’angoisse, et en cherchant à se rassurer en vain, va courir
    de façon stérile et désorganisée, les informations sur le sujet, augmentant en réalité
    son impuissance et son exposition à ce qui lui fait peur.

  • Le psychisme troque des tentatives saines de réassurances pour des mécanismes de
    défense pathologiques : L’obsession, puis enfin la psychose.



Qu’est-ce qu’une Obsession ?


Une obsession est une préoccupation trop intense pour un sujet, en psychiatrie, il s’agit d’un idée
récurrente angoissante, soit une pensée anxieuse, soit un TOC.
En pratique pour la crise du coronavirus :
Le sujet ne pense qu’à ça, regarde en boucle les informations, à la recherche d’une réassurance qui ne viendra pas.
Le psychisme espère qu’en s’obsédant ainsi il finira par trouver une façon de se protéger du corona, mais aussi qu’il finira par se désensibiliser à cette peur, à se « vacciner mentalement » tellement il se sera exposé.
Le psychisme déteste l’impuissance, or ce virus nous met dans une situation de vulnérabilité et de passivité, ainsi, l’obsession crée l’illusion de l’activité, de la connaissance, et tente en vain de créer une sensation de force et de maîtrise…


Qu’est-ce qu’une psychose ?


En psychiatrie la psychose désigne un groupe de maladies mentales caractérisées par des éléments délirants.
C’est-à-dire que le psychisme du psychotique lui fait croire à des choses fausses, incohérentes.
Il délire, dans le langage courant, il devient fou !
Celui qu’on appelle le FOU dans la société, est celui qui perd la raison, le raisonnable, le rationnel,
c’est-à-dire qu’il fonctionne de façon incohérente, et semble accaparé par un monde intérieur qui déraille.
Face à une menace, les gens les plus angoissés, qui ne peuvent « se contenter » d’une obsession,
vont aller plus loin dans le processus pathologique.
Évidemment ils ne deviennent pas vraiment fous ou psychotiques, mais une part de leur esprit se met
vraiment à fonctionner de façon inquiétante.



En pratique pour le coronavirus


Les gens les plus fragiles mentalement vont se mettre à croire aux théories qu’ils croisent, même les plus folles ou les plus complotistes…


Ils vont s’imaginer comprendre ce que le commun des mortels ne comprend pas, s’imaginer percevoir entre les lignes ce que l’on nous cache…
Ce mécanisme psychique pathologique est une façon pathétique de s’imaginer une puissance intellectuelle, un génie,
une force, au moment où dans la réalité l’individu est faible, inquiet et vulnérable. « Je suis peut-être en danger,
mais moi au moins je suis clairvoyant comme personne ».


La crise du coronavirus met notre psychisme à rude épreuve.
La nouveauté de cette maladie, donc la méconnaissance des experts à son sujet, permet d’imaginer tous les scénarios les plus fous et angoissants.
De plus, les « pères des nations », c’est-à-dire les gouvernements, censés nous protéger et nous rassurer, 
semblent évoluer dans l’inconnu, et prendre des mesures dont personne ne peut attester de l’efficacité.
L’hypermédiatisation du coronavirus, les fils infos type « suivez en direct l’évolution du corona » …,
n’apportent aucune réassurance, au contraire, ils chauffent en permanence la peur, donc l’angoisse et ses dérives pathologiques.



Sans faire l’autruche, il faut décider de faire confiance aux autorités et aux directives des scientifiques reconnus,
et continuer de faire ce qui est autorisé, afin de ne pas réduire à l’excès notre vie active, et donc laisser toute la place à l’angoisse.
Un parent qui prend les précautions de mise, et qui continue à travailler, jouer avec son enfant et à pouvoir parler d’autres choses, transmettra à sa famille un apaisement réel.
Dans mon travail, les enfants les plus angoissés par le coronavirus, sont ceux qui ont un parent débordé lui-même d’angoisses, ou alors ceux qui avaient déjà un terrain anxieux.
Un enfant qui n’a pas de terrain particulier et qui évolue auprès de parents sereins, traversera cette crise sans traumatisme.



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