Le jeu et le confinement

Le jeu et le confinement


Le jeu : un plaisir partagé en famille et un remède contre l’angoisse



A l’heure du confinement, cet article n’est pas un kit de survie à usage des familles.
Il n’est autre qu’une invitation à jouer en famille, à échanger, à rire, à chanter, à dessiner, à inventer, à lire des histoires, à en inventer, à rêver les yeux ouverts, les yeux grands ouverts.
Une invitation à intégrer des temps d’activités, des temps de jeux à partager, dans vos journées confinées.


Ces journées sont certes bien chargées, mais elles offrent l’opportunité de partager des moments ludiques tous ensemble. Et le jeu est un bon remède pour échapper à l’angoisse de l’épidémie.


Alors jouez avec vos chers et tendres (même si par moments, ils n’ont rien de cher ni de tendre).
Jouez même si la maison n’est pas impeccablement nettoyée, la table pas encore débarrassée.
Jouez même si les devoirs ne sont pas terminés.
Jouez même si vous pensez ne pas en avoir le temps.


A quoi sert le jeu ?


Jouer permet de créer un espace, d’ouvrir la porte à un lieu d’imagination, de création, à cet entre-deux entre la réalité extérieure et la réalité intérieure.
Jouer permet de créer un espace tiers entre la réalité anxiogène et nos angoisses. Un temps de respiration dans un quotidien bien mouvementé.
Jouer permet aussi d’être dans l’instant présent. Uniquement. Nulle part ailleurs. Loin de ce qui s’est passé, loin de ce qu’on peut imaginer. Ni dans le passé, ni dans le futur, juste là au présent. Ici et maintenant. Avec vos enfants. Sans portable à proximité, ni télé allumée, le jeu est une expérience qui se conjugue au présent.
Jouer permet d’être ensemble tout simplement.


Pour eux, « jouer, c’est du sérieux », disait le pédopsychiatre et psychanalyste anglais Winnicott. Nous pourrions prolonger cette citation en y ajoutant que c’est même thérapeutique.
Promiscuité et enfermement riment parfois avec agressivité et énervement. Ces temps de jeu sont des occasions de se détendre, de se libérer, ne plus subir le quotidien ne serait-ce que le moment du jeu, d’agir en devenant acteur. Ils sont thérapeutiques dans le sens où ils permettent d’exprimer les émotions, de dépasser les peurs et d’activer, sans prise de substance, les hormones du plaisir et de la détente.


Dans le jeu, ne faites rien d’autre que ce qui vous amuse. Si le jeu ne vous procure aucun plaisir, jouez à autre chose. Inventez en un ou laissez vos enfants vous guider. Ils débordent d’imagination et se feront une joie de réactiver l’enfant que vous avez été, enfant qui ne demande qu’à renaître un moment et à s’exprimer de toutes ses forces.


Dans son livre « Pour une enfance heureuse », Dr Catherine Gueguen relate les travaux de recherche de l’équipe du neuroscientifique et psychobiologiste Jaak Panksepp de l’Université de l’Ohio. « Le jeu, et le plaisir qui l’accompagne, fertilisent la croissance des circuits de l’amygdale et du cortex préfrontal. Pendant les jeux, cet « engrais » appelé BDNF (brain dérive neurotrophic factor) augmente dans les régions des lobes frontaux qui agissent sur le comportement émotionnel. Le temps passé à jouer est non seulement un immense plaisir pour l’enfant mais il est en plus bénéfique, en favorisant la croissance neuronale et synaptique et la consolidation de certaines voies neurales. »


Voilà de bonnes raisons pour commencer à jouer, ou pour recommencer.


Alors lâchez votre travail un moment pour ce temps de récré partagée.
Vos enfants ne sont pas que des écoliers. Ils ont besoin de jouer pour grandir, apprendre et s’épanouir. Jouez avec vos enfants sans autre objectif que de celui de vous amuser. Que ce soit un jeu de cartes, un puzzle, un jeu de construction ou tout autre jeu, l’essentiel n’est pas le jeu en tant que tel mais l’expérience du jeu.


Le jeu permet de s’échapper de la réalité, de s'extraire d’une situation anxiogène pour entrer dans un autre monde : celui de l’imaginaire et du plaisir ressenti.


En restant chez soi, on ferme la porte au Covid-19. En jouant, on ferme celle de l’épidémie de l’angoisse.


La réalité de ce confinement est difficile à accepter. Winnicott pensait que la réalité pouvait être soulagée par une aire intermédiaire d’expérience dans laquelle le jeu trouve sa place. Le jeu est un véritable remède contre l’angoisse.


Ce temps du confinement est l’occasion de se confiner justement, les uns aux autres, de se rapprocher, de se confronter aussi, de dialoguer, de lâcher certaines règles, d’apprendre à céder et de continuer à s’aider les uns les autres. Vos enfants retiendront ces moments de partage et toutes ces valeurs que vous leur transmettrez à travers vos jeux et tout ce que vous faites pour eux et pour les autres.


Accompagner les enfants pour qu’ils ne vivent pas ce temps là comme un réel traumatisme est un véritable challenge pour les parents.


Cette période terminée, les enfants auront vécu une expérience d’une grande richesse : celle d’avoir été protégés, rassurés, aimés par leurs parents et d’avoir partagé ensemble de moments de qualité (les plus nombreux possible).


Calogero, dans son dernier titre, « On fait comme si », qu’il vient de composer pour soutenir les soignants, chante :
« On a dit aux enfants des mots qui rassurent. C’était comme une aventure.
On a collé leurs dessins sur le frigo. On a éteint les chaînes d’info.
On fait comme si tout n’était qu’un jeu.
On fait comme si, on fait comme on peut. »


Merci pour cette invitation à jouer, à faire comme si, comme on peut.


Alors autorisez vous à n’avoir, à certains moments, rien d’autre à faire que de jouer. Offrez vous ces temps de respiration, d’évasion, de plaisir et de joie partagés.


Prenez bien soin de vous et de vos proches. Et amusez vous.


Catégories


A propos de l'auteur


Nos recommandations de praticiens

Articles liés

Parcourez les articles

Utilisez le moteur de recherche ci-dessous.


Vous n'avez pas trouvé ce que vous cherchiez ?

Vous souhaitez approfondir cet article, réagir ou proposer un sujet ?


Contactez-nous !
Consultation psychologique qualitative et sécurisée avec Wepsee