Les somnifères

Les somnifères

Tour d'horizon des différentes options médicamenteuses pour traiter les insomnies

L’insomnie peut se définir comme un ressenti par une personne d’avoir un mauvais sommeil. Soit qu’elle ressente que son sommeil est trop court, soit qu’elle le trouve de mauvaise qualité ou peu réparateur, soit qu’il y ait des réveils nocturnes, soit que l’endormissement soit difficile, trop long (plus de 45minutes), ou encore impossible. Lors de l’évaluation d’une insomnie, on distinguera une insomnie ancienne, d’une plus récente ; si elle est survenue brutalement ou de manière plus insidieuse ; si elle est liée à un évènement passé ou à venir…tous les facteurs ou éléments pouvant de près ou de loin avoir eu un effet sur le sommeil sont à prendre en compte. La présence de rêves ou de cauchemars est à rechercher, leurs interprétations par le patient peuvent être bénéfiques à retrouver un bon sommeil. La récurrence de rêves à tonalité angoissante peut être associée à un évènement traumatique passé. L’évaluation d’une insomnie recherchera des signes psychiques associés : dépression, anxiété, angoisse, sentiment de persécution, idées délirantes. Il va sans dire qu’il faut prendre en compte les conditions de sommeil (literie, clarté, silence, chauffage…), utilisation qu’on sait néfaste des tablettes avant le sommeil, activités sportives ou intellectuelles trop proches de l’endormissement, et des problèmes physiques (douleurs, reflux acide, toux nocturne, prise de médicaments excitants, envie d’uriner la nuit…)

Concernant les somnifères, on les classe en plusieurs catégories :

  • Les hypnotiques apparentés benzodiazépines, comme le Zolpidem, le Zopiclone ou le Lormetazepam. Ils sont très efficace sur l’endormissement, dans les 30 minutes qui suivent, avec un effet plus ou moins prolongé sur la nuit (croissante dans l’ordre des médicaments sus cités). Ils sont donc intéressants pour les personnes ayant du mal à s’endormir, en situation d’anxiété, d’angoisse, dans le cadre de dépression réactionnelle. Mais leur effet s’épuise avec le temps pouvant nécessiter une augmentation de dose, et le risque de dépendance à la substance augmente avec la durée de prise, rendant difficile son arrêt.
  • Les hypnotiques en partie antihistaminergiques comme l’Hydroxyzine, permettent d’améliorer une insomnie notamment anxieuse, sans induire d’effet de dépendance ni de tolérance. Il est parfois insuffisant à traiter des insomnies sévères. Le THERALENE, qui associe un antihistaminique et une base neuroleptique permet de soigner des insomnies sévères, en particulier des insomnies dépressives de deuxième partie de nuit lorsqu’il y a des réveils précoces le matin. Il n’y a pas d’épuisement avec le temps ni de dépendance. Chez certains, sensibles à l’histamine, l’effet est trop prolongé dans la journée rendant son usage impossible.
  • Les antidépresseurs sont notamment utilisés dans les insomnies dépressives ou certaines insomnies anxieuses ou encore douloureuses. On retrouve d’un côté la Mianserine et la Mirtazapine qui peuvent être très utiles lorsqu’ils sont bien tolérés (prise de poids, fatigue excessive) ou les tricycliques (Clomipramine, Amytriptiline) efficaces à petite dose, utiles sur des douleurs neurologiques, et sur de l’anxiété mais à risque d’effet secondaire (bouche sèche, constipation, trouble du rythme cardiaque, gène urinaire, chute..). Ces traitements restent donc à privilégier à bonne posologie lors d’épisode dépressif, seuls ou en association.
  • Les neuroleptiques ou antipsychotiques, sont utiles pour traiter une insomnie en situation d’angoisse majeure, de dépression sévère, de trouble délirant ou encore pour se défaire de somnifères benzodiazépines. Ils sont à utiliser avec quelques précautions et sont habituellement l’affaire de spécialiste.
  • La mélatonine est une substance intéressante préparée en pharmacie à la bonne dose, en tant que régulateur du rythme veille-sommeil. On peut l’utiliser chez les patients dont l’endormissement est décalé. Son apport chez les patients bipolaires ou chez les patients âgés atteints de maladie de la mémoire (Alzheimer ou apparentés) semble efficace.

On parvient donc la plupart du temps à traiter une insomnie en cherchant le bon traitement. Le traitement de la cause est indispensable. Il faut penser à ne pas maintenir le traitement trop longtemps si c’est possible. Enfin l’usage de drogue ou d’alcool pour mieux dormir est une mauvaise solution, le sommeil est faussement amélioré, de mauvaise qualité, et il est nécessaire de majorer la dose pour avoir le même effet, entrainant ensuite une dépendance à la substance sans efficacité persistante sur le sommeil.


Catégories


A propos de l'auteur

Articles liés

Parcourez les articles

Utilisez le moteur de recherche ci-dessous.


Vous n'avez pas trouvé ce que vous cherchiez ?

Vous souhaitez approfondir cet article, réagir ou proposer un sujet ?


Contactez-nous !
Consultation psychologique qualitative et sécurisée avec Wepsee