Les principes de traitement de la schizophrénie

Les principes de traitement de la schizophrénie

La schizophrénie est une maladie chronique. L’objectif du traitement est d’obtenir la rémission des symptômes, de réduire le handicap induit par la maladie, de prévenir les complications, de limiter le risque de suicide, de prévenir un passage à l’acte hétéro agressif, de permettre une bonne insertion socioprofessionnelle.

Pour ce faire cela justifie d’utiliser les différents moyens possibles :

L’hospitalisation est nécessaire souvent en urgence, au début des troubles, pour modifier une thérapeutique ou lors de risque de déstabilisation de la maladie. Elle peut se faire de façon libre avec le consentement du patient ou sous contrainte, à la demande d’un tiers ou sur décision d’office du préfet. En urgence, elle se justifie devant un risque suicidaire, un risque d’agressivité, une altération de l’état général, un vécu délirant majeur ou une désorganisation de la pensée si intense que la prise en charge ambulatoire est impossible. Outre l’hospitalisation temps plein, il faut pouvoir s’appuyer sur les structures intermédiaires qui permettent d’assurer des soins en ambulatoire et de réduire la fréquence et la durée des séjours hospitaliers.

Chaque commune possède un centre médico-psychologique avec un cadre et une équipe médicale pouvant répondre aux besoins des patients : consultation psychiatrique, psychothérapie, assistante sociale, infirmière qui peut notamment assurer la prise du traitement, activités, accueil d’urgence, hôpital de jour. Les hôpitaux de jour sont des lieux de soins essentiels pour adoucir une sortie d’hospitalisation, préparer un projet de réinsertion, poursuivre une psychothérapie, limiter le risque de rechute, organiser un cadre de vie et du lien social. La médication repose essentiellement sur les antipsychotiques, anciennement appelés neuroleptiques. On préfèrera utiliser ceux de seconde génération qui ont un meilleur rapport bénéfices inconvénients. On cherchera avec exigence et patience le meilleur traitement et la meilleure posologie pour une personne.

Il faudra parfois changer de molécule, ce qui n’est parfois pas simple et nécessite des superpositions. On doit parfois associer des traitements antidépresseurs, anxiolytiques, régulateur d’humeur ou sédatifs. La prise en charge des effets secondaires est indispensable pour la bonne poursuite du traitement (prise de poids, constipation, contraction musculaire, libido). On surveillera en alliance avec le médecin traitant la survenue d’un syndrome métabolique (diabète, dyslipidémie, risque cardiovasculaire accru). L’observance, c’est à dire une bonne prise du traitement, est un élément clé de la rémission. Il faut s’en assurer lors de chaque consultation et surveiller biologiquement la prise du traitement lorsque c’est possible. En cas de mauvaise observance et de rechute fréquente on utilise des antipsychotiques retards par injection intra musculaire, habituellement mensuelle. On s’assure ainsi d’une prise continue du traitement et un meilleur contrôle de la maladie. Ces traitements peuvent être cependant moins bien tolérés.
La prise en charge psychothérapeutique repose sur une alliance médecin patient au long cours.
Il s’agit le plus souvent d’une psychothérapie de soutien mais les outils de psychothérapie de type comportementale ou analytique peuvent être un apport.
La psychanalyse n’est plutôt pas recommandée.
La psychoéducation qui permet au patient de mieux connaitre sa maladie semble bénéfique mais n’est pas accessible à tous les patients. Elle est intéressante pour la famille, qui mieux informée saura mieux être auprès du patient.

Il est indispensable d’inclure la famille dans la prise en charge, tant elle est au premier plan pour prévenir, soutenir et accompagner. La famille a souvent besoin d’être soutenue, une prise en charge en thérapie familiale peut être nécessaire. Enfin la prise ne charge dite sociale consiste à aider le patient à avoir accès aux prestations dont il peut bénéficier : prise en charge à 100%, allocation adulte handicapé, formation spécifique, accès aux établissements de soins et d’aide par le travail (ESAT), travail protégé, résidence adaptée.
Il faut pouvoir renoncer à une insertion professionnelle si cela était nécessaire pour stabiliser la maladie.


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