Les médicaments en psychiatrie: Fantasmes et Réalités

Les médicaments en psychiatrie: Fantasmes et Réalités

 

Les médicaments en psychiatrie véhiculent de nombreux fantasmes et fausses croyances. Ce qu’il faut savoir sur les médicaments en psychiatrie...

  Régulièrement, les patients qui nécessiteraient un traitement médicamenteux le rejettent, de même les parents redoutent à l’excès une prescription pour leur enfant. Les raisons de ces refus sont multiples. S’il est normal et sain d’être relativement méfiant, il n’est pas raisonnable de sombrer dans une paranoïa qui ferait du psychiatre un « empoisonneur » au pire de mèche avec les laboratoires pharmaceutique, au mieux incompétent ! Si la France est un pays grand consommateur de médicaments « psy », ce n’est pas le fait des médecins psychiatres, mais celui d’une large auto prescription des gens. Utilisant d’anciens comprimés, et en demandant à un médecin généraliste de les « dépanner », ils renouvellent leur stock et consomment sans un réel contrôle médical. C’est de ce type de comportement dont il faut se méfier avant tout, car il est la cause de nombreux problèmes et accidents…

  • Je ne veux pas de médicaments, je n’en suis tout de même pas à ce point ! 

Pour beaucoup, la prescription d’un médicament psy symbolise la gravité, et la maladie mentale dans ce qu’elle a de terrifiant. Le patient s’inquiète « je deviens fou ? », « c’est grave ? »… La prescription n’est pas synonyme de gravité ! C’est un accompagnement pour soulager le patient de son symptôme, parallèlement à une thérapie qui constitue le traitement de fond. Il est d’ailleurs fréquent que la douleur psychique abîme tellement le patient, que le travail qu’il soit analytique ou comportementale, soit entravé. En pratique, le psychiatre propose un médicament lorsqu’il trouve la souffrance trop intense, et/ou ralentissant la guérison du patient. Celui qui présente des TOC invalidantes, des angoisses importantes, des insomnies majeures, des éléments dépressifs, des idées suicidaires, peut être soulagé par une prescription adaptée. A part les troubles délirants où le traitement est absolument indispensable et indiscutable, il est bien entendu toujours possible de s’en passer, mais dans quel but ?

  •  Je peux m’en sortir sans ! 

La prescription peut aussi menacer l’amour propre du patient. Pris dans des fantasmes archaïques, il perçoit le médicament comme une aide pour les faibles, ceux qui manquent de volonté. Il est important de comprendre que la psychiatrie n’a pas grand-chose à voir avec la volonté ! On peut être courageux et déterminé dans sa vie, et présenter toute sorte de symptômes psy. Faire des crises d’angoisses ou avoir des phobies, n’est pas être peureux, faire une dépression ne signifie pas être faible, et tics ou tocs ne veut pas dire « bêtises » ou « manque de maîtrise de soi » … L’orgueil n’est pas bon conseiller, et il convient de ne pas confondre courage et aveuglement obstiné. Si vous avez mal à la tête, vous allez prendre un doliprane sans hésiter, vous n’allez pas en faire une affaire personnelle, « c’est entre moi et la migraine ! »… Si le médicament peut soulager votre douleur morale, dans le cadre d’une prescription maitrisée et gérée par le psychiatre, pourquoi le refuser ? Se soigner est un acte de prise de conscience et de courage.

  • Je ne veux pas être dépendant ! 

La dépendance, physique et/ou psychique à certains médicaments existe. En règle générale elle peut concerner les anxiolytiques, les somnifères, et les antidépresseurs. Elle ne concerne pas les régulateurs de l’humeur ou les médicaments anti-délirants. Mais pour qu’une dépendance s’installe, il faut une prise de médicaments de plusieurs mois, et le plus souvent il s’agit d’auto-prescription. L’écrasante majorité des cas de dépendance médicamenteuse que rencontre le psychiatre est le cas classique du sujet qui a utilisé une fois un « calmant » s’en trouvant soulagé, et qui va continuer à le prendre après l’arrêt du suivi psy et en dehors de toute prescription. Désolé du lieu commun, mais il s’agit le plus souvent de la dame d’une 50aine qui picore son lexomil depuis 20 ans, voire de celui qui prend des antidépresseurs à chaque fois qu’il est moins bien, sans pour autant reconsulter. Les anxiolytiques et somnifères prescrits par le psychiatre de façon transitoire n’entraînent pas de dépendance. Les antidépresseurs non plus, cependant les patients pointent souvent du doigt la difficulté de les arrêter. En effet, les antidépresseurs doivent s’arrêter sur 2 à 3 semaines de façon progressive, dans un calendrier de décroissance des doses gérée par le psychiatre. Malheureusement, lorsque le patient se sent mieux, il a tendance à stopper brutalement le médicament, ou alors l’oublier et peut être victime d’effets secondaires ou d’un effet rebond. Cela va alors le conduire à reprendre le médicament pour faire cesser ces sensations. Il ne s’agit pas d’une réelle dépendance, et lorsque les choses sont faites dans les règles les antidépresseurs se stoppent sans problèmes en 15jours-3semaines.

  • Je vais avoir Alzheimer ! 

Les médias se sont faits l’écho d’études médicales évoquant une augmentation du risque de développer une maladie d’Alzheimer en cas de prise prolongés d’anxiolytiques. Cela semble être le cas uniquement pour des prescriptions prolongées (plusieurs années) de médicaments type lexomil. Vous pouvez donc soigner votre dépression et votre trouble anxieux pendant quelques mois sans l’ombre d’un risque ! Rassurez-vous, en France les psychiatres sont formés à prescrire le minimum de médicaments, après une évaluation risque-bénéfice, et la dose recherchée est toujours la dose minimale-efficace. Si votre psychiatre et votre médecin de famille vous proposent un traitement médicamenteux, il est raisonnable de leur faire confiance, comme vous le feriez pour une prescription classique d’antibiotiques, ou de corticoïdes. En cas de doute, vous pouvez toujours consulter un autre psychiatre pour demander un 2eme avis.


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