Les dépressions atypiques ou « masquées » du sujet âgé

Les dépressions atypiques ou « masquées » du sujet âgé

La dépression de la personne âgée peut parfois prendre des masques trompeurs qui rendent le diagnostic plus compliqué. Il est important de savoir les reconnaître afin de les traiter efficacement. Explications... Les principales dépressions dites "atypiques" se présentent sous les formes suivantes:

  • Dite masquée

L’expression par le patient se fera au travers d’une plainte physique, d’une douleur. Il s’agit de plainte digestive, d’impression de problème cardiaque, d’idée de mort imminente, de douleur génitale ou buccale, d’idée hypochondriaque d’avoir un cancer. Les symptômes altèrent de façon disproportionnée le fonctionnement et deviennent le seul centre d’intérêt. La normalité des examens ne permet pas de rassurer le patient. Le diagnostic de dépression ne devra cependant être envisagé qu’après élimination d’autres maladies.

  • Dite pseudo-démentielle

La plainte au premier plan est principalement cognitive. Le patient est alors persuadé d’avoir une maladie de la mémoire, en particulier la maladie d’Alzheimer qui terrifie la majorité de la population âgée. L’installation rapide, des troubles de concentration et d’attention au premier plan, une plainte disproportionnée, ou l’atypie doivent orienter vers un diagnostic de dépression. Il est d’ailleurs à noter que la majorité des dépressions s’accompagnent de troubles de la mémoire. Mais qu’une maladie d’Alzheimer ou équivalent peut avoir pour première expression des symptômes dépressifs.

  • Hostile

C’est une forme bruyante, les troubles du caractère sont au premier plan avec une agressivité, une opposition, un refus de toute aide, un déni de tout problème. Le patient se repli sur lui, ne sort plus, ne veut plus voir personne. Il peut arrêter ses traitements et de manger. Il peut se montrer méfiant voire menaçant. Il est souvent compliqué de les prendre en charge.

  • Délirante

Il s’agit d’une forme assez fréquente chez la population âgée. C’est une forme plus grave, plus difficile à soigner et qui justifie souvent d’une prise en charge spécialisée urgente. On retrouve des idées de culpabilité extrême, d’autodépréciation, de ruine, voire d’idées de disparition de ses organes ou d’immortalité (syndrome de Cotard), de persécution, de vol. Plus rarement des hallucinations, parfois un syndrome confusionnel. Le recours aux électrochocs est souvent nécessaire.

  • Anxieuse

L’anxiété est au premier plan, incoercible avec une agitation, impossible à contenir, souvent insuffisamment traitée par les anxiolytiques. Le patient appelle sans cesse, demande de l’aide à tout le monde, répète en boucle les mêmes questions. Il est adhésif, suit ses proches partout, craint de rester seul. L’endormissement est souvent difficile. En l’absence d’autre origine à un changement significatif de fonctionnement chez une personne âgée, il faut penser à une dépression et tenter de la traiter au mieux.


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