Le Syndrome de Diogène ou collectionnisme aggravé

Le Syndrome de Diogène ou collectionnisme aggravé

 

Quand collectionner devient une maladie... Comprendre et agir

  A l’image de Diogène, philosophe qui a refusé le confort de la société et qui était connu pour vivre dans un tonneau, on décrit un syndrome de Diogène. Au contraire du philosophe dont elle tire le nom, il s’agit de personnes qui accumulent des objets chez eux dans des quantités extraordinaires rendant leur logement impraticable voire insalubre. Il y a ceux qui ramènent du dehors vers le dedans et ceux qui ne jettent rien, voire qui ne supportent pas ce qui sort de chez eux.

On rencontre ce type de situation chez des personnes jeunes atteint le plus souvent d’une forme de schizophrénie. Mais le plus souvent chez des personnes âgées, à partir de 65 ans.

Ce sont souvent des personnes isolées socialement, qui débute souvent un processus de perte cognitif. Cela survient souvent après une perte, un deuil, une perte d’emploi, le départ d’un enfant. Dans le Moi-Peau, Didier Anzieu, parle de la peau comme la zone d’échange essentielle à la survie et de sécurité interne. La peau serait un moyen de maintenance du psychisme. L’effraction du psychisme par une perte qu’elle ne saurait gérer, parce que fragilisé ou en déclin, induirait une sorte d’effraction cutanée que l’accumulation d’objet viendrait réparer, colmater. Comme une carapace qui est extrêmement difficile à contourner. Ces patients sont généralement recroquevillés, refusant toute aide extérieure, et toute intrusion dans leur domicile qui devient une continuité d’eux même. La situation est souvent bloquée en dehors d’un accident domestique, ou d’une complication physique. En dehors de chez eux les patients reprennent d’ailleurs rapidement leur accumulation. Ils souhaitent souvent rentrer chez eux.

La prise en charge thérapeutique est souvent compliquée. Les traitements sont souvent de peu d’efficacité. La psychothérapie se heurte à un système défensif rigide, voire méfiant. Sur le plan social, on peut envisager un accompagnement avec des visites à domicile de soignant, d’auxiliaire de vie. Il est intéressant de noter que s’il faut nettoyer l’appartement pour le rendre à nouveau salubre, et vidé de l’accumulation, il faut laisser une quantité minimum d’objet en surplus. Des statistiques évoquent une issue mortelle lorsque l’appartement a été vidé de tout ce qui a été accumulé, laissant le patient sans protection.

Pour en savoir plus sur la schizophrénie, retrouvez nos articles :
"La schizophrénie", par le Dr.LARRAR.


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