La découverte d'une infidélité

La découverte d'une infidélité

La découverte d'une infidélité ou d'un adultère est un tremblement de terre psychique ! Comment surmonter cette terrible nouvelle et se réparer mentalement ?

  « J’ai pris un building sur la tête », « Je suis tombé des nues », ces expressions régulièrement entendues de la bouche de conjoints trompés, témoignent de la violence du choc et du vertige ressenti à la découverte d’une relation extra conjugale. L’infidélité est vécue comme un cataclysme, un ciel qui tombe sur la tête, un monde qui s’effondre. Dans un inconscient collectif marqué par la morale religieuse, elle incarne la trahison, et l’humiliation. De bien graves conséquences pour un « péché » de chair… Face à cette attaque le psychisme bafouille, se débat puis cherche à reprendre le contrôle de la situation.

 

Classiquement, la découverte d’un adultère génère chez le conjoint une sidération psychique. Le sujet est comme paralysé mentalement, il comprend la terrible information, mais ses émotions sont brouillées, souvent même étrangement absentes. C’est ce que l’on appelle en psychanalyse le « clivage » psychique. Le coup est tellement violent que l’inconscient tente de protéger le sujet en lui masquant la douleur psychique dans un premier temps. A l’image d’un décès, le sujet peut passer par un moment de déni « ce n’est pas vrai, j’ai du mal comprendre !».

Ensuite, toujours dans l’optique d’éviter l’effondrement dépressif, l’inconscient appelle la colère à la rescousse. La haine à l’égard du conjoint et/ou de l’amant, vient donner au sujet trompé une illusion de force, et une possibilité de décharger ses émotions, de se défouler. La violence, verbale et/ou physique, contre l’autre ou contre soi-même (tentative de suicide) est malheureusement fréquente dans cette phase chez les sujets les moins bien structurés mentalement. Progressivement, la colère laisse place à la tristesse. Cette fois l’inconscient lâche prise, il teste la capacité du sujet à supporter la réalité. C’est l’heure des pleurs et des grandes discussions. Le conjoint meurtri a retrouvé un peu ses esprits, et commence donc à poser des questions et à pouvoir entendre des réponses. Il cherche à comprendre. Comprendre pour supporter peut-être, comprendre en espérant secrètement trouver des circonstances atténuantes… Dans ces premiers temps le sujet peut paraître naïf, car il est tenté d’accepter les explications qui l’arrangent, celles qui sont les moins douloureuses. Si les discussions ne lui permettent pas d’entendre des choses apaisantes, ou viennent valider ses pires angoisses (y a-t-il de l’amour ? une sexualité débridée ?), le sujet peut faire un retour en arrière et rebasculer vers une colère défensive, ou alors malheureusement s’effondrer sur un mode dépressif.

Cette période de « débriefing » de l’adultère est longue. Elle peut durer plusieurs mois si le sujet est bloqué, incapable d’accepter les coups de la réalité. Il va questionner de façon répétée et hyper précise l’infidèle sur les moindres détails de la relation extra conjugale. Où, quand, comment, pourquoi, quels échanges, quelle sexualité… Les réponses l’apaiseront au mieux quelques heures, car en réalité ce n’est plus la vérité en détails qui importe, mais la trop grande difficulté à supporter la douleur et à encaisser les attaques psychiques. En effet, l’adultère attaque profondément le psychisme du conjoint. Il abîme l’amour propre, la confiance en soi, l’image de son corps (castration chez l’homme et disqualification de la féminité), il menace la pérennité de ce qui a été construit jusque-là (de la famille à la moindre certitude), et isole mentalement et socialement le sujet.

L’humiliation ressentie est grande et ses causes sont multiples. Le sujet se sent stupide et naïf de n’avoir rien vu venir, il se méprise, s’imagine être vu comme le « dindon de la farce », le « pigeon », le « cocu dont tout le monde rit ». Il craint d’être dévalorisé aux yeux de la société, d’être perçu comme un incompétent, incapable de satisfaire son conjoint. Il se sent sali par le passage à l’acte sexuel de celui-ci, et s’inquiète d’avoir vécu dans l’illusion, que sa vie soit une mascarade, et de devoir la considérer comme un échec. Toutes ces douleurs mentales, toutes ces attaques vont devoir être pensées, pour être pansées. Seule la réflexion personnelle sur chacun de ces points permettra au sujet de terminer son processus de deuil, car c’est bien d’un deuil d’idéal de soi et de sa vie dont il s’agit. Enfin, à la fin de ce long processus de cicatrisation, viendra le temps des grandes décisions, notamment celle de réparer le couple, ou de se séparer. Il est malheureusement fréquent que les décisions ou plutôt les passages à l’acte (séparation, tromperie-vengeance, « on oublie tout » illusoire) aient lieu trop tôt. En général, cela témoigne soit d’une incapacité à penser finement, soit d’une trop grande douleur psychique que seul un acte radical pourrait soi-disant apaiser. Pour surmonter cette épreuve, et se réparer mentalement, il faut prendre le temps de comprendre ses émotions, ses pensées, de faire la part des choses entre les fantasmes et la réalité. Par exemple, comprendre les raisons multiples du ressenti d’humiliation, permet de le défaire point par point.

En effet, l’infidélité n’humilie pas dans la réalité celui qui la subit. (N’hésitez pas à vous mettre à la place d’un proche, et demandez-vous comment VOUS percevriez une personne dans votre situation actuelle. Il est peu probable que vous la trouviez ridicule, ou écœurante…) Il est indispensable de travailler sur les causes profondes de ses douleurs, et de réfléchir sereinement à ses désirs pour l’avenir. Ce travail sur soi est excessivement difficile à mener tout seul. Le tsunami psychique généré par la découverte d’un adultère, justifie pleinement des consultations psychologiques, voire une psychothérapie. La psychothérapie de couple est aussi une option souvent bénéfique, que l’on se dirige vers une réconciliation ou une séparation. Durant ce long processus, il faut essayer de garder des temps de plaisir personnel (bien sûr de couple aussi lorsque cela est possible), des moments de pauses avec la douleur. La vie psychique ne doit pas tourner en boucle autour de l’adultère. Comme tout traumatisme, il attire naturellement toutes les pensées, et les transforme en ruminations stériles et douloureuses. Le sport, la méditation, les loisirs, les amis, les voyages, bref tous les moments de plaisir et d’égoïsme sont fondamentaux pour se réparer et tenir la barre.


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