Bébé prématuré

Bébé prématuré

Les conséquences de la prématurité dans les têtes Comment gérer l’arrivée d’un bébé prématuré ? L arrivée prématurée d’un bébé provoque de profondes angoisses chez les parents, et cela en plus des réalités médicales. Cette venue au monde est tellement différente de celle rêvée et imaginée pendant des mois par les parents, quelle bouscule violemment leur psychisme. Comprendre les principaux enjeux psychiques de la prématurité pour les parents et l’enfant, permet de les surmonter plus facilement.

1/ La culpabilité maternelle

Les mamans s’accusent d’être responsables de la prématurité de leur enfant. Peu importe la réalité médicale, une voix sévère en elles, les condamne déjà d’être de mauvaises mères, de ne pas avoir mené leur mission à bien, et de mettre en danger la vie de leur enfant. Cette culpabilité féroce peut authentiquement déprimer la maman, et il est important de la rassurer et de lui rappeler la réalité des aléas médicaux. La meilleure maman du monde ne peut pas tout contrôler, et certainement pas son utérus...

2/ Un vol ou un raté dans la maternité

Le bébé prématuré crée une frustration forte chez les parents et surtout chez la mère. L’accouchement n’a pas été un moment merveilleux et intense, mais un épisode angoissant et traumatisant. Les femmes ont des idéaux trop puissants quant à la maternité qu’elles veulent parfaite. Et les trop grands écarts avec la réalité sont très mal vécus. Ainsi, elles ont souvent la sensation d’avoir raté la fin de la grossesse, d’être passé à côté de moments importants, voire fondateurs pour l’avenir de la relation mère-enfant. La grossesse et la maternité ne sont pas des contes de fées de la bibliothèque rose, il s’agit de la vraie vie, de ses surprises, de ses coups durs, et être un vrai parent c’est y faire face, s’y adapter et non se condamner de ne pas vivre un roman !

3/ Etre parent à l hôpital

Il est difficile d’entamer sa parentalité dans un service de néonatologie. Mais en réalité, rassurez vous, vous êtes les parents de votre bébé depuis les premiers mois de grossesse...Les parents s’inquiètent pour leur bébé, et se sentent spectateurs impuissants, et démunis. Ils ne peuvent pas protéger leur enfant contre la réalité médicale qui s’impose. Mais ils sont de vrais parents, et leur rôle est bien réel et important pour leur enfant.

Le bébé sent leur présence, entend leur voix à travers la couveuse, et cela le rassure et participe à construire une relation très puissante. Lorsque la situation médicale est grave, et que le pronostic vital du bébé est engagé, beaucoup de parents, malgré eux, ont un mécanisme de protection psychique qui s’active : celui de désinvestir le bébé ! « Je ne veux pas trop penser, trop ressentir mes émotions pour toi, car je ne sais pas si tu vas survivre » ! Ne culpabilisez pas, cela est normal, votre mental vous protège contre un risque dépressif trop grand. Lorsque les choses s’arrangent, les parents culpabilisent souvent de ces moments et besoins de détachement. Ne faites pas de psychologie de comptoir, le bébé ne peut sentir de telles finesses, il sent si vous êtes là, le touchez, lui parlez, et ça lui suffit amplement ! C’est un secret honteux entre vous et vous, lui il ne lui a rien manqué !

4/ Ne pas faire de son enfant un éternel « ancien préma »!

Tellement secoué par cette arrivée précoce et la médicalisation initiale, les parents ont tendance à surprotéger leur enfant. Ils l’imaginent fragile, chétif, traumatisé par ses premiers jours à l’hôpital dans le stress et le bruit des machines... C’est méconnaître les capacités extraordinaires d’adaptation des enfants... Alors, ils cherchent à réparer, compenser, et cela peut dénaturer leur relation avec l’enfant. Soyez pragmatique et suivez les conseils du pédiatre à la lettre. C’est aussi une façon de lui mettre la responsabilité de la « protection » du bébé sur les épaules, afin de pouvoir vous en décharger un peu et, de votre côté vivre normalement et plus légèrement votre relation.

Je n’ai jamais vu en thérapie des enfants ou des adultes traumatisés par leur prématurité ! Par contre, j’ai vu de nombreux enfants étouffés de la surprotection parentale. J’ai une grande admiration pour les parents qui traitent « normalement » leur enfant lorsque celui ci a, ou a eu un grand souci de santé. Ils prennent leurs angoisses sur eux et offrent à leur enfant une vie normale. C’est la plus belle preuve d’amour que l’on peut faire à un enfant. Loin d’être des parents ratés ou tronqués, ils sont des parents merveilleux ! Si vous passez par la, courage dans l’écrasante majorité des cas la vie future de l enfant et de la famille sera tout à fait normale! Les statistiques sont de votre côté ! N hésitez pas à demander un accompagnement psychologique souvent possible dans les maternités ou les services de néo-natalité, l’aide peut s’avérer précieuse et rassurante.


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