Violence et pornographie sur les écrans

Violence et pornographie sur les écrans

« Nos ados et enfants face au porno et à la violence » Les dangers réels des contenus des écrans sur le psychisme des enfants et des adolescents...

  Les jeux vidéo des consoles ou des réseaux internet, ainsi que les émissions de télévision peuvent, selon leur qualité, véhiculer des problématiques singulières. La violence et la sexualité sont ainsi les principaux thèmes pointés du doigt.

 

Alors quelles sont les véritables conséquences psychiques de ces informations numériques ?

 

La violence, une bombe à retardement. Notre psychisme renferme toutes sortes de fantasmes et de pulsions. De nombreuses idées violentes, voire meurtrières, issues de nos pulsions agressives sont partiellement refoulées et emprisonnées dans les dédales de notre inconscient, car réprouvées par la morale commune. Lorsque la vie psychique se passe correctement, elles resteront bien sagement inconnues de nos consciences. Cependant, si la force de ces fantasmes et pulsions est augmentée, alors elles menaceront de faire irruption dans notre pensée consciente, provoquant du coup des angoisses, une culpabilité ou une excitation excessive. La montée en puissance de ces éléments peut être due à des événements de vies difficiles voire traumatiques, ou à une exposition trop grande à des situations et images les mettant en jeu.

En pratique, un enfant qui va jouer des heures à des jeux de guerre, ou visionner des images sanglantes, excitera sans le savoir ses pulsions les plus destructrices. Par conséquent,il ressentira une angoisse ou une agressivité diffuses, et les « dépensera » en s’agitant de façon stérile. Dès l’âge de six ans, les enfants ont normalement acquis une capacité nette à différencier l’imaginaire et le monde de la fiction (jeux et émissions ou films) de la réalité. Ils sont donc capables de percevoir le côté transgressif et excessif de tous ces contenus. Mais l’abondance de ces informations toxiques va fragiliser leur filtre psychique et les pousser à ressentir leur propre violence ou goût pour les interdits. Tous ces éléments pourront générer une excitation psychique qu’ils auront du mal à contenir. C’est pourquoi, aux prises avec leurs pensées obscures et honteuses, certains développeront des symptômes (sortes de voies de décharges psychiques) comme une agitation psychomotrice, des angoisses, des difficultés d’endormissement…

 

Le sexe, un détournement de l’énergie psychique. Tout d’abord, il faut reconnaître que les enfants sont bien moins exposés aux images sexuelles qu’aux contenus violents. Contrairement aux ados, ils ne sont pas dans la recherche active de contenus sexuels, mais les croisent au hasard de leurs passages devant les écrans. En effet, si tous les enfants se bagarrent ou jouent à la guerre, ils n’ont dans un premier temps qu’une simple curiosité pour le sexe. Ils s’intéressent à ce que l’on nomme en psychanalyse « la scène primitive », c’est-à-dire à la façon de faire les bébés, et à ce qui se passe derrière la porte fermée de papa et maman ! Mais ils savent bien qu’ils n’ont pas le droit d’entrer et encore moins de voir. Or ces tabous sont des filtres protecteurs pour le psychisme des plus jeunes. Ils les préservent d’idées ou de visions impressionnantes qu’ils ne sauraient comprendre et supporter. Ajoutons que les interdits invitent les enfants à dévier leur intérêt, cru et forcément stérile, pour la sexualité vers d’autres desseins plus constructifs. Ces frustrations les poussent à déplacer leur énergie psychique pour la diriger vers l’accomplissement d’une pulsion ou d’un projet différent et réalisable. Par exemple, ils pourront troquer leur curiosité sexuelle pour une curiosité intellectuelle, ou pour investir une passion, ou encore se défouler dans un sport…

À l’inverse, une trop grande exposition à des images érotiques aura plusieurs conséquences. L’enfant verra sa curiosité attisée de façon excessive, ce qui provoquera une excitation psychique importante, détournant ainsi une part de son énergie mentale normalement dévolue à d’autres fonctions, comme l’intérêt pour les apprentissages et la pulsion épistémophilique (le goût pour le savoir). Il risquera aussi de se sentir coupable et angoissé de regarder ces images, et encore plus de les apprécier. Par contre, il est rare que les contenus « sexy » génèrent des conduites sexuelles déviantes, ou des masturbations précoces.

 

Et l’image de la femme dans tout ça ?  Indéniablement, nombreux contenus de jeux ou d’émissions télévisées ne véhiculent pas une image valorisante de la femme, ils renforce la toute puissance de l’apparence et la dimension réductrice d’ « objet sexuel »...

Heureusement, les véritables représentations des enfants se construisent sur les images parentales.
C’est la perception de la place des femmes au sein de leur propre famille qui sera déterminante. Avant de vous inquiéter de ce qu’il voit à la télé, souciez-vous plutôt de ce que vous lui montrez à la maison, car cet « écran »-là, il ne le quitte pas des yeux depuis sa naissance !


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