La timidité chez l'adolescent

La timidité chez l'adolescent

"Mon ado est timide !" De la timidité à la phobie sociale de l’adolescent ... Comprendre et agir Etre timide, c’est craindre à l’excès d’entrer en relation avec autrui. On peut être réservé, un peu timide, ou alors « maladivement » timide, dans ce cas on parle fréquemment de « phobie sociale ». C’est à dire que la peur d’interagir avec l’autre est tellement intense, qu’elle paralyse la vie de l’individu, le confinant à la maison ou dans des zones de « confort «  de plus en plus restreintes. Il s’agit d’une véritable souffrance qui nécessite une prise en charge psy : le plus souvent psychothérapie+médicaments. Dans l’écrasante majorité des cas, la timidité crée une véritable souffrance, mais ne décompense pas sur un mode pathologique comme dans la « phobie sociale ». L’individu est anxieux, et souvent triste avec la sensation de « passer à côté » d’une partie de sa vie, mais il continue à mener une vie normale scolaire, familiale, puis professionnelle. En gros, il souffre intérieurement mais maintient le bateau toujours à flot et « donne le change ». La timidité peut surgir de façon brutale et intense dans la vie d’un adolescent, le plus souvent au moment de son entrée au collège ou de sa puberté. Notez qu’il n’est pas rare qu’un enfant extraverti en primaire, développe avec l’adolescence une timidité. La timidité n’est pas un caractère inné, comme beaucoup le pensent ! C’est une conséquence comportementale d’enjeux psychiques divers et nombreux, au premier rang desquels on trouve « le manque de confiance en soi », et « la difficulté d’assumer son désir de séduction ». (Nous y reviendrons) La timidité se développe au fur et à mesure de l’existence de l’enfant, elle est comme un mécanisme de défense, une protection que crée l’enfant vis à vis des autres. Et cela pour diverses raisons .... Cette timidité peut apparaître ou s’intensifier à l’adolescence, là encore comme un besoin de se protéger face à des angoisses psychiques et relationnelles, donc encore une fois comme un mécanisme de défense. Par cette formulation vous comprenez que l’enfant ou l’ado qui va parfaitement bien (ce qui est théorique, nous avons tous nos casseroles !!!!!) n’a pas de raison d’être timide. La puberté, l’entrée au collège, les débuts de la sexualité, sont des moments puissants qui génèrent des angoisses conscientes et inconscientes chez l’ado. Tel un pays qui se recroqueville sur lui-même, car il est inquiet des intentions des autres, ou/et qu’il n’est pas suffisamment sûr de lui pour gérer à son avantage d’éventuels conflits, l’adolescent utilise inconsciemment la timidité pour se protéger. Malheureusement, cela a rapidement un effet pervers, il s‘isole et rentre dans un cercle vicieux, où la relation avec les autres est de plus en plus redoutée et donc fuit, ce qui génère une solitude douloureuse et une auto-dévalorisation. « Pourquoi tout le monde y arrive sauf moi ?? »... En pratique, la timidité n’est pas une fatalité, un trait de caractère auquel il faudra se soumettre toute sa vie, mais bien un symptôme psy que l’on peut apaiser ! Pour agir efficacement, il faut comprendre les véritables causes de la timidité. Vous avez tous constaté comme les longs monologues pour booster nos ados, leur donner confiance en eux, ou leur faire prendre du « recul », étaient peu efficaces ! Attention, je suis convaincu que c’est le rôle des parents de dire ces choses saines et positives à leurs enfants, mais cela ne suffit JAMAIS. L’adolescent ne sait pas pourquoi il est timide ! C’est un processus inconscient. Mais moi je le sais ;) Plus sérieusement, les psys repèrent la plupart du temps les mêmes angoisses chez les ados timides :


1 / Le manque de confiance en soi :


Formule galvaudée, car sauf les prétentieux nous manquons tous de confiance en nous, à laquelle je préfère « l’auto dévalorisation ». L’ado se trouve de nombreux ou graves défauts. Il est loin d’être extraordinaire comme il le rêvait enfant, et ne supporte pas cette réalité. Alors, déçu par sa « normalité » il s’attaque rageusement ! Les parents et le psy doivent travailler avec lui cette nuance. « On n’est pas une star ou une merde ! » « On est un être humain avec ses failles et il faut tirer le meilleur de nous même »... L’ado, au fond de lui veut être extraordinaire, mais consciemment ce qu’il exprime c’est qu’il est moins que rien et qu’il voudrait juste être normal. Il plonge alors la discussion avec le parent dans l’absurde et l’incompréhension, car il semble convaincu de son « infirmité » là ou l’autre ne voit que de la « normalité ». L’adolescence est une période de libération et en même temps de deuil. Parmi ceux là, figure la libération d’une tyrannie d’être l’enfant modèle, et le deuil de ne pas devenir « la star adulée ». Voyez, ces éléments psychologiques sont fins et difficile à travailler sans un psy.


2/ La peur de ne pas séduire


Tout le monde veut séduire, plaire et être désiré ou aimé. L’enfant y arrive à la maison en générale, et croit être un « super héros » ou « une princesse » à l’extérieur. Son psychisme est donc préservé, satisfait, car maintenu dans une illusion. L’ado, lui, est plus lucide et ne croit plus au « père Noël ». Il repère ceux qui sont beaux, moches, drôles, lourds, populaires, isolés... Il veut faire partis des « vainqueurs ». Il veut séduire. Et plus il veut séduire, plus il se met de pression sur les épaules. Et plus il est sous pression, plus il est tendu, paralysé, coincé et donc sans ressort, intérêt, créativité... En pratique, il veut tellement plaire, il veut tellement dire un « truc génial », que chacune de ses interventions auprès des autres soit puissante, qu’il se retrouve écrasé, silencieux, incapable finalement d’être juste « normal ». « le mieux est l’ennemi du bien » ! L’ado ne s’avoue pas qu’il a un tel désir de séduire. Il n’assume pas cette hystérie, ce côté superficiel que l’on partage tous ! Alors, ce qu’il garde en tête consciemment, c’est juste qu’il est nul et que même dire « bonjour » est une épreuve. Le travail du psy consiste à lever ce déni, ce refoulement, pour montrer à l’ado qu’il en attend bien plus qu’il ne le dit, et probablement bien trop !


3/ La sexualité naissante


La puberté entraine une modification profonde du corps, qui est très remuante sur le plan psychique pour l’ado. Il désire et espère être désiré, mais a honte de ces sentiments nouveaux. Il regarde le corps des autres et se sent regardé aussi. Cela génère donc des complexes féroces, qui l’écartent des enjeux de séduction et de sa sexualité !   Apprendre à un adolescent à assumer ses désirs, et à assumer son apparence, c’est le soulager grandement ! Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement de discuter avec vos ados comme vous le faites spontanément, mais aussi avec cet éclairage psy, et si vous le sentez trop « timoré », encouragez le à consulter !


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