Je pleure sa mort 4 ans après

Je pleure sa mort 4 ans après

Je pleure sa mort 4 ans après


 


A la mort d’un être cher, le deuil peut prendre quelques mois, voire une année pour se faire. Mais il arrive qu’il se prolonge bien davantage.
Tout reste alors figé, immobilisé. Le goût de la vie continue à perdre sa saveur et le présent se conjugue toujours au passé. Malgré les mois et les années qui passent, les larmes continuent de couler. Ou parfois, c’est l’inverse, les larmes sont bloquées. Et à la suite d’un événement, sans lien apparent, c’est l’effondrement.
Sacha est un jeune homme de 27 ans qui a perdu sa mère d’une longue maladie il y a quatre ans. Il avait jusque là enfoui toutes les émotions du deuil, mais son récent licenciement les a brusquement réveillées. Il s’effondre et toutes ses larmes sont pour sa mère.
Il arrive en consultation, sur les conseils de ses amis qui s’inquiètent de sa grande détresse et craignent qu’il n’avait pas su « faire son deuil » comme s’il existait une compétence particulière qu’il n’aurait pas.
Mais on ne fait pas son deuil, c’est le deuil qui se fait. Il s’agit avant tout d’un processus. Et ce processus peut parfois se figer pendant des années, comme l’a vécu Sacha qui a vu ses émotions liées à la mort de sa mère rejaillir de plein fouet à la suite de la perte de son travail.
En séance, il a pu questionner les raisons de cet arrêt sur image : la volonté de « faire comme si la vie continuait comme avant » pour protéger ses soeurs, toutes les démarches administratives dont il s’était chargé pour soulager son père, son travail dans lequel il s’était rapidement replongé comme pour ne pas avoir à penser à cette trop dure réalité…
Sacha s’est autorisé à hurler sa colère d’avoir perdu sa mère, à dénoncer l’injustice de cette longue maladie, à pleurer la disparition de celle qu’il avait tant aimée. Au fil des séances, il a exhumé toutes les émotions du deuil, a pris le temps de les accueillir et de les traverser.
Il a également révélé une croyance : il pensait qu’il devait souffrir de très longues années, comme si la souffrance du deuil était proportionnelle à l’intensité de l’amour qu’il avait eu pour sa mère, et qu’elle était la preuve qu’il continuait à l’aimer. Mais il s’agit là d’une croyance erronée que beaucoup d’endeuillés partagent et qu’il est utile d’identifier pour s’en libérer.
Quand il a débuté son nouveau travail, il imaginait consulter sa mère, écouter ce qu’elle lui aurait conseillé… Il se réjouissait de pouvoir ainsi continuer à être en relation avec elle et de ressentir sa présence « autrement », à ses côtés.
En famille, ils ont ressorti les albums photo, parlé de l’absente, mouillé des mouchoirs, ri aussi, se sont remémorés tous ces merveilleux souvenirs dans lesquels elle était restée bien vivante. Ils étaient émus et heureux d’honorer ainsi sa mémoire.
Le temps est passé et Sacha a pu vivre les différentes étapes de ce long « travail de deuil ».
A la mort d’un être cher, même si différents obstacles peuvent barrer la route du deuil, il est toujours possible de les lever afin de relancer le processus et de permettre au deuil de se faire.
Et le deuil se fait… lorsqu’on passe de la tristesse d’avoir perdu cet être cher à la joie de l’avoir connu.


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