Quand consulter un pédopsychiatre ?


« Dois je emmener mon enfant ou mon ado consulter ? » : QUAND CONSULTER UN PEDOPSYCHIATRE ?



Les indications d’une consultation pédopsychiatrique sont variées et nombreuses.
En préambule, il convient de dire que consulter un psychiatre ou un pédopsychiatre ne signifie pas automatiquement psychothérapie au long cours !
De la même façon que vous pouvez aller voir votre médecin ou le pédiatre pour poser une question ou lever un doute, aller consulter le pédopsychiatre peut être un acte de réassurance, de prévention, autant qu’une réelle nécessité de soin.
Ainsi, il est souhaitable de concevoir le pédopsychiatre comme un acteur classique du système de soins et non comme une entité étrange, voire menaçante, ou encore réservée aux troubles graves.
Les lieux communs tels que : « Les psy, c’est pour les fous ! » témoignent d’une ignorance et d’une crainte d’un autre temps !
Un enfant triste, angoissé, inhibé, en difficulté familiale ou amicale (relations difficiles avec un parent), ou encore mal à l’aise scolairement doit pouvoir bénéficier d’une consultation pédopsychiatrique sans dramatisation ni complexe.
Aussi existe-t-il des signes chez les enfants et les adolescents qu’il est préférable de connaître et de repérer, afin de pouvoir solliciter dans les meilleurs délais une consultation pédopsychiatrique.
Bien que les urgences réelles ou modérées soient rares, elles existent, surtout chez les adolescents.
Pour simplifier les choses, nous pouvons les classer par âge :
De 0 à 3 ans

  • les troubles de la relation

  • Les contacts visuels (sourires, échanges de regards…) ou psychomoteurs (prendre ou passer les objets…) sont difficiles, rares voire absents. Le petit semble fuir les interactions humaines, « rester dans sa bulle », ne pas s’intéresser aux autres…

  • Les retards psychomoteurs

  • La préhension, la station assise, debout, les quatre pattes ou la marche sont des acquisitions normales qui doivent se faire dans une fourchette d’âge définie. Chaque enfant a son rythme, mais un retard majeur, voire l’absence d’une acquisition, doit amener à consulter rapidement le pédiatre qui déterminera la marche à suivre.

  • Les troubles de l’alimentation, du langage, les retards d’acquisitions sphinctériennes sont aussi à évaluer par des professionnels (toujours le pédiatre en premier lieu).


De 3 à 6 ans

  • TOUS LES POINTS PRÉCÉDENTS QUI SERAIENT PASSÉS INAPERÇUS OU D’APPARITION RÉCENTE !

  • Les troubles graves de la socialisation

  • L’enfant entre à l’école, et s’il est classique qu’il rechigne ou pleure les premiers mois, il convient qu’il puisse dépasser ses angoisses pour s’intégrer dans le groupe, s’intéresser aux apprentissages proposés par la maîtresse et passer des journées heureuses. L’impossibilité d’accéder à ces éléments peut témoigner de troubles divers (auditifs, visuels, troubles de la relation, angoisses majeures de séparation…) qui nécessitent une évaluation médicale et une éventuelle prise en charge.

  • Les états d’agitation extrême ou les mises en danger de soi, voire d’autrui

  • Les enfants expriment rarement leurs angoisses ou leurs souffrances verbalement. Ils n’en ont pas encore la capacité et le plus souvent mettent en acte leurs difficultés. Un enfant en grande difficulté va s’agiter de façon inhabituelle, transgresser des interdits, n’hésitant pas à se mettre en danger, risquant de provoquer chez les adultes des comportements de rejet, voire de violence, aggravant ainsi son isolement et sa souffrance.


De 6 ans à l’adolescence : la période dite de « latence »

  • Les états de régression intenses et prolongés

  • Il est classique et bénin qu’un enfant retourne à des états antérieurs de fonctionnement, ce que l’on appelle des régressions. Elles sont le plus souvent le signe d’un moment de réorganisation, d’adaptation de l’enfant à une situation nouvelle et potentiellement anxiogène (divorce, déménagement, naissance d’un petit frère…). Cependant, elles doivent être transitoires et permettre à l’enfant un retour sans séquelle à son état normal. Une durée ou une intensité ressentie comme excessive par les parents ou l’école doit amener à se questionner sérieusement sur la situation de l’enfant, et à envisager une consultation pédopsychiatrique.

  • Une rupture dans les apprentissages, une situation d’échec scolaire tenace…


À l’adolescence comme à tout âge

  • L’installation de symptômes psychiatriques type tics, TOC, phobies envahissantes ou invalidantes.

  • Des pertes de poids inexpliquées ou des conduites et préoccupations excessives autour de la nourriture.

  • Des propos suicidaires, une tristesse durable, une tendance excessive à l’auto-dévalorisation.

  • Des insomnies répétées, qu’il s’agisse de difficultés d’endormissement ou de réveils précoces.

  • Un isolement, un retrait du monde familial, amical, scolaire.

  • Des propos incohérents, délirants, des passages à l’actes transgressifs, auto ou hétéro-agressifs, des addictions aux toxiques ou aux jeux en réseaux…


Une prise en charge rapide des troubles des enfants et des adolescents permet dans l’immense majorité des cas de les soulager notablement et durablement.
Trop tarder à consulter peut contribuer à maintenir l’enfant dans une certaine solitude avec sa difficulté, l’amenant souvent à s’isoler, voire à se marginaliser vis-à-vis de ses amis et de sa famille.
Cependant, il est fondamental de rappeler qu’il convient de consulter au préalable le pédiatre ou le médecin de famille, afin qu’il puisse examiner l’enfant et s’assurer que les difficultés repérées ne soient pas les symptômes d’une maladie sous-jacente !!

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