Les secrets du psychisme de votre ado


La confiance en soi chez l’adolescent, la fameuse crise d'adolescence, voyage en adolescence...



La confiance en soi est mise à rude épreuve durant l’adolescence. Et il est normal et naturel que votre ado passe par des remises en questions et des doutes sur lui-même. Dans une certaine mesure, cela est sain, et participe à son développement et à la construction de sa vie adulte.
Cependant, l’intensité de la crise de confiance peut être excessive : Le faire souffrir au quotidien, et impacter sa vie sociale et scolaire.
Il faut alors se pencher sérieusement sur ses difficultés, chercher sincèrement à les comprendre, afin de pouvoir le soutenir efficacement.
Vous avez tous fait l’expérience de longues discussions infructueuses avec votre adolescent. Soit à tenter de le valoriser et casser ses complexes, soit à le « remuer » le « bouger » afin qu’il se « réveille » et se révolte contre ses névroses !
Je suis convaincu que ces moments sont importants dans la vie de l’adolescent, ils lui prouvent votre amour, votre implication parental, et votre regard confiant sur lui et ses capacités. Pour autant, s’ils ne suffisent jamais à rebooster la confiance en soi de nos ados, c’est qu’il existe d’autres enjeux qui le déstabilisent.
Des enjeux que sa pudeur ou sa fierté l’empêchent d’aborder avec vous, et d’autres encore dont lui même peut ignorer consciemment l’existence.
En comprenant les enjeux les plus puissants de l'adolescence, on peut en déduire des conseils pratiques afin de le soutenir efficacement.

1/ Le Deuil de la toute puissance infantile – L’aider à supporter les échecs


L’adolescent quitte l’enfance et ses certitudes, ses belles illusions de puissance et de lendemain glorieux ! Un adolescent quitte par la force de la réalité ses rêves d’enfants.
Violemment le garçon comprend qu’il ne sera sans doute pas un super héros, un Zlatan ou un Nadal, tandis que la fille se rend compte qu’elle n’est pas une princesse, une incroyable beauté (à part aux yeux de ses parents) ou une futur Rihanna ou Beyoncé...
L’adolescent peut authentiquement se déprimer et se dévaloriser car il n’est pas à la hauteur de ses rêves et de ses idéaux.
Le rôle des parents est de continuer à le valoriser en lui faisant comprendre qu’il n’a pas besoin d’être extraordinaire pour être exceptionnel pour les gens qui l’aiment.
Il faut l’aider à accepter de s’aimer et de se considérer pour ce qu’il est, au lieu de se détruire pour ce qu’il n’est pas.
Les ados sont souvent en quête d’absolu et sont assez manichéens. « C’est génial ou c’est de la merde » « On est le meilleur ou on est inutile » « on est populaire ou une victime »...
Les adultes doivent instaurer et instiller de la nuance, de l’empathie, dans l’esprit de l’ado. Il faut le faire réfléchir sur les sens de la vie, notamment la place excessive qu’il donne au fait d’être le meilleur, et lui proposer de se recentrer sur ses désirs propres, ses curiosités, et le plaisir du partage et des relations affectives profondes et saines.
Ils peuvent aussi lui raconter leurs galères d’ados afin qu’il puisse s’identifier à eux, se sentir moins seul, et voir que l’on peut en revenir...

2/ Le corps


Le corps et l’apparence ont une place prépondérante dans la vie psychique de l’adolescent. Il ne manquera pas de relever ses imperfections et les autres ados non plus d’ailleurs ! Ils ne se ratent pas !
Souvent l’ado accuse son corps de tous les maux et de toutes les disgrâces. Ces complexes peuvent être parfois légitimes, mais ils sont le plus souvent une condensation de tout ce qu’il n’aime pas chez lui physiquement mais aussi mentalement !
S’il convient donc de le rassurer sur son complexe physique, il faut aussi comprendre que celui-ci cache un « dégout » plus profond de soi même. Il ne faut donc pas rester bloqué dans les discussions à ces éléments, mais parler de tous les aspects de sa vie qu’il accepte d’aborder avec vous.
Le corps a son importance qu’il est absurde de nier, mais il faut lui montrer qu’il accuse excessivement son corps de ses souffrances, et que peut être il devrait y réfléchir de façon moins superficielle.
Le sport a de grandes vertus pour les adolescents.
Cela l’aide à décharger son stress et ses tensions, et lui procure plaisir et fierté, surtout pour les garçons qui trouvent dans la performance physique une réassurance sur leur virilité.

3/ La sexualité


Vaste sujet à tout âge, et particulièrement remuant pour l’ado qui voit son corps et son esprit se sexualiser rapidement et fortement.
L’ado devient pubère, il a donc un corps sexuel, qu’il perçoit et que les autres perçoivent et lui renvoient. Il a aussi des pensées et des fantasmes sexuels puissants, qui souvent le culpabilisent et lui font honte, au point de se trouver sale et décevant « si mes parents savaient ce que j’ai dans ma tête ils auraient honte de moi ».
Attention, le sexe est un sujet épineux et les ados supportent très mal les intrusions parentales dans ce domaine.
Cependant, il est légitime et soulageant de dire à son ado que la sexualité est incontournable et naturelle, et que la planète entière est excitée, émue et gênée par ce sujet. En pratique, je ne me mêle pas de ton intimité, mais n’est pas honte de toi, tu es un être humain normal et donc sexuel.
Bien sûr il faut toujours lui rappeler que le rôle de parent est de l’aider et de le soutenir s’il rencontre un problème et une angoisse forte quelque soit le sujet. En clair « je ne te jugerai pas et tu peux compter sur moi ».

4/ La scolarité


Les ados quittent l’enfance, l’école primaire et ses bonnes notes faciles à obtenir.
Ils passent pour la plupart en un an de « bon élève » à « élève moyen doit faire ses preuves... ».
Quoiqu’ils en disent, les ados préfèreraient tous être de bons élèves, être sereins pour leur avenir scolaire et faire plaisir à leurs parents en ramenant de bonnes notes !
Mais les choses deviennent difficiles, le travail ne paye que sur le long terme, et cela les décourage et leur donne envie de « fuir » l’école et ses galères.
La tentation de lâcher prise, de prendre une stature de « branleur » « je-m’en- foutiste » est très forte, car elle protège leur amour propre.
« Je rate car je m’en fiche, et que je ne travaille pas ».
Ils évitent de vivre un échec humiliant « je suis un crétin, car je trouve ça dur et même lorsque je travaille ».
Bref le système scolaire met leur amour propre à rude épreuve, en les notant sévèrement et en corsant trop rapidement les apprentissages.
Il faut les encourager, les rassurer sur leur intelligence quelque soit leur résultat, et ne pas hésiter à les faire aider scolairement par des jeunes étudiants pour remonter la pente.

5/ Les rapports familiaux


La crise d’adolescence met à rude épreuve les parents, qui peuvent se montrer beaucoup plus durs, déçus et attaquants avec leur ado.
Le cercle vicieux relationnel isole chaque membre de la famille dans une douleur et la sensation de ne pas être compris ou valorisé.
Je conseille toujours aux familles de se garder des moments de loisirs à deux. Cela permet de se retrouver dans le plaisir, la complicité et à distance des douleurs, des échecs, et des leçons de morales.

La confiance en soi de l’adolescent, et ses crises sont des affaires très complexes, alors n’hésitez pas à consulter un psy avec lui afin de restaurer la communication et d’aider tous les membres de la famille à comprendre les raisons des tourments et à en trouver les solutions !

Catégories


A propos de l'auteur

Parcourez les articles

Utilisez le moteur de recherche ci-dessous.





Retourner à l'index

Vous n'avez pas trouvé ce que vous cherchiez ?

Vous souhaitez approfondir cet article, réagir ou proposer un sujet ?


Contactez-nous !