Le sujet âgé délirant : comprendre et agir

Le sujet âgé délirant : comprendre et agir

« Il délire, que se passe-t-il ? Que dois-je faire ? ».

Quelles sont les cractéristiques du délire

On appelle par délire une personne qui tient des propos incohérents et inadaptés à la réalité.
Elle peut y adhérer fortement, ou peu ou pas. Il peut y avoir des modifications de son comportement, de ses émotions ou le patient peut y être indifférent.

Devant l’apparition d’un délire chez une personne âgée, il faut se questionner sur l’origine de son délire, ce qu’il induit, ce qu’il protège, ce qu’il aggrave ? Et faut-il le traiter ?

Identifier les causes du délire

Il y a bien sûr les causes médicales (ou organiques) de délire qui justifient d’une prise en charge adaptée et d’un traitement de la cause.
Tout délire chez une personne âgée est d’abord un problème organique avant de l’avoir éliminé.


Il y a les problèmes dits sensoriels, c’est-à-dire qu’une baisse d’audition ou une baisse de la vision peut entrainer de fausses croyances, de fausses interprétations, parfois des hallucinations auditives ou visuelles. Il faut en premier lieu tenter d’améliorer les déficits.

Il y a les problèmes psychiatriques, le délire vient aggraver ou renforcer un vécu dépressif (je suis ruiné, je suis perdu, mon corps est détruit, je suis un fardeau) ou maniaque (je suis un génie, je suis le plus fort, le plus riche, on veut me démolir par jalousie).
Le traitement nécessitera souvent une hospitalisation et des antipsychotiques avec le traitement de l’épisode dépressif ou maniaque.
Il y a les délires qui surviennent dans l’évolution d’une maladie de la mémoire. C’est très fréquent en fonction du stade de la maladie.
Les malades d’Alzheimer vont souvent interpréter ce qui a disparu comme un vol, une intrusion dans leur espace comme s’il était ouvert aux autres.

Le délire chez les personnes souffrant de problème de mémoire

Le délire est une projection en dehors d’eux même de ce qu’ils ne veulent pas percevoir de leur perte.
Ceci est malheureusement peu accessible aux antipsychotiques, parfois plus aux antidépresseurs ou aux anxiolytiques qui apaisent l’angoisse de la perte.
Dans la maladie à corps de Lewy, on retrouve un délire dans près de 70% des cas.
Il est souvent riche, avec des hallucinations visuelles (des enfants jouent dans ma chambre, ils me parlent).
Souvent il n’est pas angoissant et accompagne le patient sans autre conséquence que la surprise pour l’entourage d’une histoire imaginaire. Parfois l’histoire délirante prend un tour persécutant, angoissant, menaçant.
Il y a des conséquences sur le comportement du patient. Il faut traiter. Les anticholinestérasiques (traitement de la maladie d’Alzheimer) peuvent être d’une bonne aide.
Les neuroleptiques ou antipsychotiques sont classiquement contre indiqués parce qu’ils risquent d’aggraver la symptomatologie. Seul la Clozapine peut être utilisée avec une bonne efficacité à petite dose.

Certains délires sont à respecter par leurs vertus antidépressives.
L’apparition d’un compagnon imaginaire lors du départ d’un enfant à l’étranger est protectrice. Penser que ses enfants sont décédés pour supporter une institutionnalisation peut être utile à l’idée que c’est la seule solution possible.
La survenue d’un délire justifie d’une prise en charge médicale adaptée, même si parfois il y a lieu de le respecter parce qu’il est plus bénéfique que néfaste.

Pour en savoir plus sur le délire chez la personne âgée : Sujet âgé délirant : Que faire ?, par le Dr.ALBOU.


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