La confiance en soi, Nadal en exemple !

La confiance en soi, Nadal en exemple !

Rafael Nadal, les clés de la confiance en soi


Par Manuel DO'O'GOMES - psychopraticien FF2P


Je ne suis pas un spécialiste du tennis, mais je me suis intéressé à Nadal après son 10ème sacre.
Notamment à cette notion de la psychologie positive, humaniste et analytique qu’est la confiance en soi.


J’étais un peu goguenard en écoutant à la radio les spécialistes de la terre battue, au début de Roland Garros, prédire sur sa future victoire. 15 jours plus tard, leur prévision se sont avérées exactes.


Pendant ces deux semaines, écoutant régulièrement les résultats et commentaires, j’ai retenu une caractéristique : Nadal dégageait une très grande confiance en lui.
Je l’avoue franchement, j’ai été un peu dubitatif de ces prévisions, tenant plus à madame Irma qu’à une affaire certaine d’experts, un peu comme l’économie. Car ayant déjà entendu ce type de commentaires et de pronostics sur le tennis ainsi que sur d’autres sports, souvent ceux-ci s’avèrent inexacts.


Je me suis informé sur son palmarès, le voici en un très bref et impressionnant résumé. Il est considéré :



J’ai écouté son interview, lui parle d’une charge de travail colossal et non de la confiance en lui.


Je me suis posé la question, sur les clés de la confiance en soi pour arriver à ce niveau d’excellence. Cela m’intéressait à titre personnel et pour aider mes patient(e)s ou étudiant(e)s.


Tout d’abord, qu’est-ce que la confiance en soi ?


C’est de croire en soi et notamment en ses compétences.


Elle peut se décomposer en 3 caractéristiques importantes, le savoir, le savoir-faire et le savoir être.


Assurément Nadal a les 3, cette connaissance et science du tennis, les longues heures passées à s’entrainer et la capacité à jouer devant un large public en maitrisant son stress.


Les origine de la confiance en soi et ses caractéristiques ?


Plusieurs écoles et théories, mais j’ai retenu celle-ci.


La confiance en soi trouve ses origines dans une sécurité intérieure de l’être humain.


Celle-ci découle d’un lien d’attachement sécure (Théorie de l’attachement de john Bowlby).


L’attachement est un lien affectif entre un individu et une figure d'attachement généralement sa mère.


Il y a 3 autres types d’attachement, les attachements insécures : l’évitant, l’ambivalent et le destructuré.


Environ 65 % des enfants dans la population générale peuvent être classés comme ayant un schème d'attachement sécure, les 35 % restant étant divisés entre les différents types d'insécures. Il existe un large corpus de recherches qui démontrent, dans de multiples domaines, un lien significatif entre le type d'attachement et les capacités de l'enfant.


Les enfants sécures sont plus susceptibles de devenir socialement compétents que leurs pairs insécures.


Pour développer la confiance en soi, il est important de FAIRE


L’adage c’est en forgeant qu’on devient forgeron, appliqué à Nadal, c’est en jouant qu’il est devenu Nadal.


Le FAIRE implique de commettre des erreurs. C’est un processus naturel dans l’apprentissage.


Faire des erreurs est nécessaire d’une part pour apprendre mais aussi pour persévérer afin de réussir par soi-même.  


Donc plus je fais d’erreurs et plus j’apprends.


Très peu valorisée dans les apprentissages et notamment à l’Education Nationale, elles sont souvent pointées du doigt par l’enseignant, généralement par un feutre rouge, le rouge symbole d’une certaine faute voire culpabilité.


Certains enseigants assimilant la personne à son erreur et l’affubler de mauvais (expérience personnelle), nul et autres qualificatifs qui vont saper la confiance en soi de l'enfant...


Développer l'envie d'apprendre...


Non pour faire plaisir à ses enseignants mais par plaisir de découvrir.


Je fais un parallèle avec la lecture, peu importe ce qu’un enfant lit du moment qu’il lise!


Rogers disait « L’enseignement tue l’apprentissage », merci à toi grand homme (un grand mentor dans de nombreux champs de la pédagogie et la psychothérapie).


Comment apprenons-nous ?


Après des années d'enquêtes, d'études et de validations, Morgan McCall, Robert W. Eichinger et Michael M. Lombardo du Center for Creative Leadership de l'Université de Princeton ont développé le modèle 70/20/10. Que dit-il ?


Le développement des compétences et l'acquisition des connaissances s'effectuent à :


-70% par l'activité et l'expérience,


-20% par les contacts, les interactions avec les autres, échanges entre pairs


-10% par de la formation formelle au sens propre, que ce soit en classe, en atelier ou encore via le e-learning.


Donc le temps passé à apprendre en classe est pour une transmission verticale du savoir entre enseignant et élève, appelée pédagogie magistro-centrée, proposée par l’EN, pourcentage très faible de 10 % dans l’acquisition des savoirs.


D’où l’énorme gâchis, un nombre d’élèves qui sort sans diplôme scolaire chaque année (environ 180 000).


Sans compter tous ceux qui s’ennuient à mourir ou ne développent pas leurs compétences et potentiel.


Accompagnants des adolescents et adultes traumatisés par leur scolarité, je mesure chaque jour les ravages sur la confiance en soi.


Idéalement il faudrait laisser les élèves apprendre par eux-mêmes, et juste les guider dans leur choix d’apprentissage.


Pédagogie auto centrée sur le besoin de l’élève et le mettant en position d’acteur, celle-ci fut théorisée par Carl Rogers, déjà en 1940, peu développée en France, quoi qu’elle arrive avec beaucoup de résistance au sein de l’Education Nationale.


En revanche largement appliquée dans les pays du Nord qui sont les premiers au test PISA**, une coïncidence !


Qu'est-ce que le Sentiment d'Efficacité Personnel ?


La notion de Sentiment d’Efficacité Personnel est théorisé par Albert Bandura psychologue canadien, professeur à l’Université de Stanford.


Le SEP influe positivement sur notre performance.


Il la définit en ces termes : « l'efficacité personnelle perçue concerne la croyance de l'individu en sa capacité d'organiser et d'exécuter la ligne de conduite requise pour produire des résultats souhaités ».


Pour résumer le SEP comme la croyance, par un sujet, qu’il est capable d’atteindre un objectif donné.


Par exemple pour Nadal, il avait la croyance et la ferme volonté de gagner son 10ème Rolland Garros. Les succès appellent les succès et construisent une solide croyance d’une confiance en soi. Ce qui va générer un cercle vertueux. Donc il est très important de célébrer ses propres succès pour se souvenir de cette émotion et état d’euphorie afin de pouvoir la reproduire.


Les échecs minent la confiance en soi. Les revers et difficultés enseignent que le succès nécessite généralement un effort soutenu. Cependant il est important après un échec ou une série d’échec d’analyser les causes de ceux-ci pour corriger et apprendre. Indispensable mais difficile de le faire car cela nous oblige à changer.


La résistance au changement


Notre résistance au changement est un des plus gros freins à la réussite et au développement de la confiance en soi. Cela nous met dans une position inconfortable car nous sortons de nos zones de confort, nous remettre en question et plonger vers l’inconnu.


La valeur de l’exemple :


Pour évaluer nos capacités, nous tirons aussi des conclusions de l'observation des actions réalisées par d'autres personnes. Ce sont les sujets dont les caractéristiques (âge, sexe, etc.) sont les plus proches des siennes qui sont les plus susceptibles d'être source d'information.


Voire les personnes que nous admirons le plus, quel que soit le domaine d’activité (Sportif, chanteur, acteur, homme politique, philosophe, personnage récent ou antique, une figure d’exemple).


En tant qu’enfants puis adultes, plus nous vivons au quotidien ou observons dans notre entourage d'autres enfants ou adultes talentueux, plus cet exemple va nous imprégner.


Voir un père ou une mère réussir dans une activité (quel que soit l'activité) va nous donner envie de les reproduire par identification.


Et de réussir à notre tour, ce qui va générer une sacrée confiance en soi.


Se passionner pour nos propres « mentors », ceux que nous avons rencontrés et de pouvoir les modéliser.


S’intéresser à leur vie, eux qui ont réussi et possède une meilleure connaissance de notre domaine d’activité.


Cela nous permet de gagner beaucoup de temps pour développer la confiance en nous. En nous « calquant » sur eux, notamment sur leurs modes de vie, leurs façons d'agir, de penser, de s'exprimer.


Nous pouvons nous inspirer de l'attitude, le geste (Coup droit, revers, placement sur le terrain, etc..), les pensées, les croyances (l’assurance de gagner Rolland Garros), les habitudes, les décisions et orientations voire les choix (faire l’impasse sur un tournoi pour se concentrer sur son objectif).


La confiance en soi est un processus long


En revanche, il est essentiel de ne pas faire "comme", mais de trouver son propre style.


Nadal, Zidane, Messi, Ronaldo, Obama, Gandhi, Clooney, voire d’autres, sont tous uniques comme nous-mêmes...


Et je conclurai par une notion essentielle à mes yeux, le plaisir de pratiquer ou de faire cette activité.


Pour ma part, cette notion est le socle dans la construction d’une bonne confiance en soi.


Même si nous n’avons pas pu bénéficier d’un attachement sécure, d’avoir vu des parents en réussite, d’être allé dans une école avec des enseignants bienveillants, de n’être pas doté de qualité exceptionnelle, d’être dans la moyenne, un homme ou un femme normale.


La confiance en soi est un processus qui s’apprend tout au long de sa vie, que rien n’est joué d’avance, il ne tient qu’à nous de la développer.  


AUTEUR :Manuel DO'O'GOMES - psychopraticien FF2P


Voir la vidéo : "Docteur, mon enfant n’a pas confiance en lui", du Dr. Larrar


* FF2P : Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse 
**Test PISA : Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves


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