L’enfer des devoirs à la maison !

L’enfer des devoirs à la maison !

"Il ne veut pas faire ses devoirs ! Tous les jours c'est la guerre à la maison!" Les devoirs à la maison tournent régulièrement au cauchemar. Décryptage et conseils pratiques.



L’entrée au CP rime avec devoirs à la maison, et évidemment la plupart des enfants préfèrent jouer que travailler. Mais le plus souvent, le moment de travail se passe correctement, et il s’agit d’une petite révision ou d’un petit entrainement de 15 à 30 minutes maximum. Malheureusement pour beaucoup d’enfants la séance est redoutable, interminable et théâtre de conflits quotidiens avec les parents. L’enfant rechigne à se mettre à son bureau, promet qu’il le fera plus tard, et une fois assis, se montre peu motivé, nonchalant voire carrément opposant. Si cette scène est votre lot quotidien avec votre enfant, alors il existe une souffrance infantile et familiale qu’il faut comprendre et soulager.


La « guerre » quotidienne et les pleurs à chaque séance, ne sont pas la norme ! Ils témoignent que quelque chose se passe mal, soit dans le rapport profond de l’enfant aux apprentissages et à la scolarité, soit dans la gestion parentale de ce moment. Tout d’abord enlevez vous de la tête que seul la manière forte fonctionne, et que votre enfant est tout simplement un sacré fainéant qu’il faut mettre au pas ! Un enfant un peu paresseux trainera les pieds de temps en temps, mais pas systématiquement, et n’ira pas jusqu’à des crises quotidiennes pour ne pas travailler. Les enfants, même jeune, comprennent que l’école et la performance scolaire sont des affaires importantes voire graves. Ils sentent au quotidien la place centrale de la scolarité dans leur vie et dans leur relation aux autres notamment à leurs parents. Or les enfants veulent plaire à leurs parents ! Ils aiment être valorisé, qu’on les félicite, les récompense, et par dessus tout que l’on soit fier d’eux. Ainsi, tous les enfants espèrent dés le plus jeune âge performer scolairement ! Lorsque les apprentissages s’engagent bien, qu’ils sont rapidement à l’aise, qu’ils comprennent vite et bien, la scolarité est bien vécue, le plus souvent comme une source de gratifications. C’est le lot des « bons élèves »... Mais lorsque pour diverses raisons, l’enfant rencontre des difficultés dans le champ scolaire, il entre dans un cercle vicieux ! Un enfant qui écrit mal, qui comprend mal quelque chose, qui a du mal à se concentrer longtemps, qui a trop peur de mal faire...va facilement se braquer et fuir les apprentissages. En effet les enfants ne sont pas des mini-adultes courageux et volontaires ! Lorsqu’ils sont face à une difficulté, ils ne se bagarrent pas pour la surmonter comme les parents le souhaiteraient, au contraire, ils s’en détournent, s’en désintéressent.


L’enfant en difficulté scolaire fera alors tout ce qu’il peut pour échapper aux moments de travail, tels que les devoirs maisons par exemple. Il va se déconcentrer en permanence, rêvasser, être passif, faire la « poupée de chiffon », jouer avec tout ce qu’il trouve sur le bureau...bref attendre que ça passe ! Ainsi, immanquablement il va provoquer la colère parentale, et donc une crise familiale.


Comprenez bien que votre enfant ne se fiche pas de l’école ni des devoirs ! Au contraire, il y perçoit de tels enjeux, il se met une telle pression, il sent tellement la menace de l’échec, qu’il met tout en œuvre pour y échapper. Le cercle vicieux est implacable et cruel pour l’enfant et ses parents. L’enfant se sent incapable, voire stupide, il sent qu’il déçoit ses parents, qu’il crée des tensions, et donc se déprime et déteste encore plus la scolarité qui engendre selon lui tout ces malheurs. Les parents s’agacent, s’épuisent, se sentent à tort disqualifiés ou défiés, et craignent de plus en plus les interactions avec leur enfant, ce qui dans l’après coup les culpabilise... En pratique, il faut rassurer l’enfant sur ses compétences et sur le fait que nos sentiments à son égard ne dépendent pas du travail scolaire. Le chantage affectif n’est pas de mise !


Il faut lui apprendre à se tromper, à ne pas craindre l’échec, à accepter de rater sans se dévaloriser. Il faut dédramatiser le résultat. Tous les parents pensent faire cela, mais lorsqu’on creuse en consultation, la réalité est différente du discours. Effectivement, ils répètent sans cesse à leur enfant qu’il peut rater, mais en pratique ils le font recommencer jusqu’à ce qu’il réussisse. « C’est vrai docteur, mais je me dis qu’à la fin il sera fier de lui et il verra qu’il finit par y arriver ! ». L’intention est bonne, mais la réalité psychique est tout autre ! L’enfant gardera non pas la fierté d’un « succès au forceps », mais le souvenir douloureux d’un moment harassant et la certitude que l’échec n’est pas permis puisqu’on arrête qu’en cas de « victoire ».


Il faut investir sur le long terme. L’enfant doit travailler un temps raisonnable et s’arrêter même s’il n’a pas terminé ou réussit. Le parent doit ainsi joindre l’acte à la parole. Il doit féliciter l’enfant d’avoir essayé et travaillé sans crises, et le rassurer en lui disant que l échec est transitoire, et que l’on a tout le temps pour y arriver en travaillant un peu chaque jour. Il convient de récompenser et de valoriser l’effort et non le résultat. Autre point important, si vous en avez la possibilité n’hésitez pas à déléguer à un tiers la séance de devoir. En effet, l’enfant a moins de pression avec un étranger, car il ne l’aime pas comme il vous aime et donc il n’est pas catastrophé à l’idée de se montrer en difficultés devant lui. Nos enfants veulent tellement nous plaire qu’ils peuvent se mettre à craindre terriblement notre regard lorsqu’ils sont en difficultés.


 


N’hésitez pas à échanger avec la maîtresse afin de mieux cerner ses difficultés, ou si besoin à consulter un orthophoniste ou un pédopsychiatre qui sauront dépister des angoisses ou des troubles d’apprentissages spécifiques.


Pour en savoir plus sur les devoirs maisons, retrouvez nos articles : 
"Dr.Larrar: Les devoirs à la maison pour les primaires", par le Dr.LARRAR.


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