Annoncer la perte d’un proche à un enfant : « Comment annoncer un décès ?"

Annoncer la perte d’un proche à un enfant : « Comment annoncer un décès ?"

Parler de la mort aux enfants... L’annonce de la mort d’un proche à son enfant est un moment redoutable.

 

Nous prenons notre souffle, séchons nos larmes, et parfois tentons un sourire de façade pour faire bonne figure et ne pas trop l’inquiéter. Nous cherchons les mots, ceux qui pourraient adoucir sa peine. Mais il n’y a pas mille façons de dire ces choses là. Il est mort, il est monté au ciel, qu’importe, l’enfant a très bien compris ce dont il s’agissait.

Tous les parents souhaitent préserver leur progéniture d’un trop grand choc, ou d’une profonde tristesse. Pourtant il n’existe aucun moyen de réussir cette entreprise, et il n’est pas souhaitable de le priver de la réalité de ses sentiments. Vous ne pouvez ni choisir le moment, ni inventer des synonymes. Alors ne vous torturez pas, vous lui direz ce qui vous viendra spontanément « votre vérité » et il se débrouillera avec. 
Je ne crois pas que la façon d’annoncer un décès ait de réelles conséquences sur l’avenir psychique d’un enfant. Mon expérience professionnelle ne m’a jamais permis d’en témoigner. Pour autant la parole est une chose importante, et à d’autres moments vos mots auront un impact indiscutable.

Deux périodes clés se distinguent: avant le décès lorsque le proche est malade, et après dans vos réponses à leurs questions. Parler de la maladie à un enfant est une chose essentielle.
Tout d’abord, elle lui permet de se préparer psychiquement au décès du proche.
Ensuite, elle renvoie à l’enfant l’idée que la mort est la conséquence d’un long processus de dégradation de la santé, diminuant ainsi l’angoisse qu’elle puisse frapper à tout moment, sans prévenir. Il est possible de dire à un enfant qu’une maladie est grave et qu’elle peut entrainer la mort. C’est une réalité à laquelle il sera confronté et il serait absurde de la lui cacher. Pour discuter de la maladie grave ou de la mort d’un proche, choisissez un moment calme, à distance du coucher ou de la nuit, toujours anxiogène chez les plus jeunes. Il est préférable que ce soit le parent le moins affecté qui se charge de cette mission, car au delà des mots, c’est surtout aux émotions que l’enfant se fiera. S’il perçoit que vous pouvez surmonter cette réalité, malgré la tristesse, il s’en sentira capable aussi. Une information simple, courte et intelligible pour son âge, est amplement suffisante. Forcément touché par la nouvelle, qu’il le laisse transparaître ou non, il ne pourra pas en comprendre plus, et risquera de mélanger les détails, ce qui lui donnera une sensation d’incompréhension qui augmentera son angoisse. Puis, comme toujours, il faudra respecter son rythme, sa temporalité psychique.

 

Chaque enfant réagit différemment, et il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons d’accueillir la nouvelle. Ce qui compte c’est sa manière de la mentaliser par la suite, et il n’y a aucune possibilité de le prévoir. Certains ne voudront pas en entendre plus et retourneront jouer, d’autres pleureront sans relancer la discussion, pour eux il n’est pas souhaitable d’en rajouter dans l’immédiat. Faites leur un câlin s’ils le désirent et laissez les reprendre leur activité. Mais que ce soit immédiatement ou dans un second temps, quasiment tous finiront par poser des questions. Ils en reparleront lorsque leur inconscient leur donnera le feu vert, c’est à dire qu’il les considérera capables d’entendre des réponses. Globalement, les questions que posent les enfants à leurs parents sont les mêmes, qu’il s’agisse de la maladie ou de la mort. Sans qu’ils le sachent consciemment, elles sont largement influencées par les enjeux psychiques dont vous avez pris connaissance. Pourquoi est-il malade, pourquoi est-elle morte ? Et nous, allons-nous mourir aussi ?Schématiquement ces questions portent sur les angoisses de séparation de l’enfant et sur sa culpabilité. En fonction de votre réponse, il va essayer de déduire les risques que cette situation se reproduise, et son éventuelle responsabilité. Rappelez à votre enfant que les maladies graves arrivent surtout chez les personnes âgées, et que de toute façon personne n’en est responsable : « C’est la faute de personne, c’est pas de chance voilà tout ».

 

Quand va-t-il revenir ? Où vont les morts ? À travers ces questions l’enfant émet le souhait de retrouver le défunt, afin de lutter contre le manque et les angoisses de séparation. Bien sûr, vous ne pouvez pas lui mentir, ou lui laisser espérer quoi que ce soit. « Les morts ne reviennent pas, on ne peut pas les revoir, c’est comme un voyage sans retour. ». Selon les croyances ou les coutumes d’une famille, les réponses des parents peuvent diverger. Pour certains les morts vont au ciel, ou au paradis, pour d’autres il s’agit d’un mystère dont ils n’ont pas la moindre idée. Répondez ce que vous voulez, et, si vous avez une conviction particulière, transmettez-la à votre enfant, vous l’intégrerez ainsi pleinement à votre famille et à vos traditions. Mais si vous n’en savez rien, vous pouvez tout aussi bien lui avouer votre ignorance, car si vous avez réussi à vivre sans une réponse mystique, il le pourra aussi.
Est-ce que les morts nous voient ou nous entendent ? Ces interrogations témoignent, tout d’abord, d’un espoir de garder une présence, un contact quelconque avec le disparu. Mais il se peut aussi qu’elles cachent l’inquiétude inconsciente que le défunt puisse l’observer et le juger. Là encore, si vous n’avez pas ce genre de croyances, ne lui inventez pas une histoire, car sous couvert de ménager ses angoisses de séparation, vous vous lancerez dans une affaire dont vous ne maitriser pas les enjeux. Encore une fois, vos réponses sont importantes, mais vos attitudes et votre capacité à survivre au drame seront autrement plus déterminantes pour son avenir. Et au- delà de toutes les intellectualisations, si votre enfant peut retrouver une vie familiale heureuse, il saura surmonter bien des obstacles...

Pour en savoir plus sur les enfants, retrouvez nos articles :
"Les conséquences d'un décès dans la tête d'un enfant", par le Dr.LARRAR.


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